Archive de la catégorie ‘Edition’

Les Nouvelles Convoitises

Vendredi 15 mai 2009

Après avoir été « pilé » par Flammarion,  et avoir macéré sur un rayon pendant plus de vingt ans,  j’ai eu envie de donner à Convoitises Convoitises une nouvelle histoire en réinventant autour des textes primitifs une série de lettres pour partager des instants de plaisir culinaire. Avant d’envoyer le texte à un éditeur, je le pose dans ce blog afin de vous donner la possibiité d’y jeter un oeil, une oreille, d’en grignoter quelques lignes. Il fut un temps où nius avons eu avecles éditions Tipaza l’intention de faire un livre de recettes autour de l’idée d’assiette complète, menant de l’entrée au dessert en petites proportions. Mais la maquette de ce livre avait le défaut de demander beaucoup de moyens financiers que nous n’avions pas ! Toutes les tentatives pour trouver des fonds ont échoué, et de mon côté je n’étais pas totalement satisfaite des propositions de l’illustrateur. Cela ne veut pas dire qu’un jour ce livre-là ne paraîtra pas… mais j’avais bien des choses à raconter et je devais sortir de l’impasse où je me trouvais. Lors d’un diner à Nice avec Liliane Giraudon, elle m’a suggéré de donner une suite à Convoitises, et je me suis lancée. Je lui devais d’avoir en 1983, ouvert au premier titre l’horizon Flammarion par l’intermédiaire de Michel Nurisdany. Je vous donne donc à lire les vingt premières pages de ce manuscrit  Les Nouvelles Convoitises dans Cuisine pdf Les Nouvelles Convoitises, extrait

Art vif : Patrick Lanneau

Mardi 4 novembre 2008

D’abord Art vif : Michèle Bondi est la réalisatrice de ces documents à la fois littéraires et vidéo, ou l’écrit relaie, double la parole exprimée devant la caméra par l’artiste qui décrit son parcours et sa démarche. Vous y trouverez des écrivains comme M. Desbiolles, S. Braganti, S. Legendre…, des artistes comme Isnard, Eppelé, Franta, Tesseire…écoutés, filmés, reproduits avec le même soin, la même rigueur intellectuelle. Patrick Lanneau s’empare du sujet avec une grande clarté. Les reproductions de ses oeuvres représentent toute l’évolution de son travail. On y croise ses  amis dans les différents ateliers niçois et parisiens, ses professeurs tourangeaux, on découvre les moments d’enthousiasme et les détresses que connaissent les artistes, tant dans leur questionnement que dans leurs position au sein de la société. A voir donc pour toutes ces raisons.

http://artviftv.free.fr/

Tipaza, collection Métive

Lundi 27 octobre 2008

dscn2202.jpg              Lanneau                              Collection métive, Tipaza Editeur, Cannes

Commander directement à tipazaed@wanadoo.fr
Ces ouvrages imprimés en offset se distinguent par un concept original de pliures et découpes qui font que chacun de ses titres se déploie sur une table comme une carte  plutôt qu’il ne se feuillette.
La collection métive se caractérise également par une typographie et une mise en page sobres et claires incluant cinq reproductions pleine page (15 x 15 cm.) en quadrichromie de peintures ou dessins spécialement créés pour l’édition.
Format : 15 x 15 cm. 24 pages. Tirage : 250 exemplaires. Onze exemplaires de tête, numérotés de I à XI, accueillent une oeuvre originale pleine page signée par l’artiste (80 €).
Les ouvrages restant sont numérotés de 1 à 239 (15 €).

Six titres sont actuellement disponibles :

“La vie je cours”  Henri Meschonnic / Serge Plagnol ( juin 2008)

“Poètes, chenilles, les chênes sont rongés” Chantal Danjou / Françoise Rohmer (juin 2008)

“Perdre trace” Françoise Ascal / Alain Boullet  (juin 2008)

“La Belle et la Fête” Tristan Cabral / Lookace Bamber (juin 2008)

“Sirventès” Gilbert Casula / Franta (octobre 2008)

“Paysage solitaire” Katy Remy / Patrick Lanneau (octobre 2008)

La couleur efface la nostalgie

Lundi 27 octobre 2008

La couleur efface la nostalgie dans EditionTiane Doan na Champassak, Le rivage, une épopée indochinoise. Préface de Jean Lacouture. Seuil 2008. 143 pages. 38€. 978-2-02-0974421-4. Toilé, 140 photographies.

Entre le Vietnam et l’Indochine plus vaste, il y a ce passage du sépia colonial à la couleur démocratique, mais les paysages, les hommes-mêmes se retrouvent. L’Auteur, photographe professionnel, ravive les vues stéréoscopiques prises par sa grand-mère, française, quand elle voyageait avec son mari, indochinois, en parcourant le Vietnam moderne. Bien introduite par J. Lacouture, la démarche de Tiane Doan na Champassak n’est pas passéiste.  Les légendes racontent avec sensibilité l’histoire d’une famille et l’Histoire d’un peuple. C’est un beau livre non seulement par son projet mais aussi par sa réalisation. Les photos sont magnifiques, la mise en page élégante. On n’a pas envie de le ranger mais de l’avoir à portée de main.

Rivages

Que lire avec moi

Mercredi 22 octobre 2008

Les empilés sur ma table de nuit le 22 octobre 2008 :

Thomas Pynchon : Mason & Dixon, Points-Seuil Octobre 2008 ,9-782757-806753, 937p, 15€. Acheté après que France Culture a parlé de Pynchon, ce pavé  émaillé de majuscules, de phrases qui ne se terminent pas, de poèmes et de chansons, fonctionne comme une veillée infinie au cours de laquelle seraient contées à quelques parents par un oncle de passage, avec fantaisie et forces parenthèses, les aventures de deux savants, depuis l’Angleterre, en 1763, en pleine guerre franco-anglaise, mandatés pour tracer une frontière rectiligne entre le Maryland et la Pennsylvanie.

 

Jacqueline de Romilly, Dans le jardin des mots, Le livre de poche, 339p, 6€50. Il y a quelque chose de raté dans ce petit livre, qui serait tout à fait intéressant pour un jeune (14-18) si l’écriture n’était pas celle d’une vieille dame, qui pour intelligente et cultivée qu’elle est, n’en  a pas moins choisi un style suranné. Collation de ses articles pour Santé Magazine, elle aurait pu les réécrire, et par exemple supprimer les redites qui d’article en article rabâchent son amour pour la langue, ses hauts-le-coeur… Mais entre les mains d’un bon professeur c’est un outil intéressant.

Christiane Veschambre, Robert & Joséphine. Cheyne éditeur 2008. 978-2-84116-136-2, 107 pages, 15€50. Comment écrire un roman comme un poème ? Vous me direz avec des mots, des phrase, des chapitres. Les chapitres, l’auteur les intitule, toutes les deux pages, chronologiquement; les phrases elle les scandent;   les mots elle les place parcimonieusement. Ce qui fait un délicat roman qui traite de la tendresse, de la guerre, de l’autre, de l’usine, des plaisirs les plus simples, des enfants et de la mort. Par exemple :

Joséphine s’énerve/avec le poulet à cuire/rien ne va/on ne sait pas quoi/rien/s’exaspère/Joséphine appuie/l’archet de sa crainte/sur les nerfs de Robert

Mais toujours comme dans un roman, on ne peut pas isoler un passage, puisque c’est leur enchainement qui crée la tension, ménageant les effets et nous emmenant au bout. Il faut donc le lire pour l’aimer. Ou aller l’écouter lu par Sabine Bourgois, ou le voir à la Scène Nationale Évreux Louviers

Clément Rosset, l’Ecole du réel, les Editions de Minuit collection Paradoxe, 470 pages, 9-782707-320193; 29€. A celui-ci vous accorderez du temps et même vous le redoublerez parfois. L’auteur, un de nos philosophes les moins médiatiques, procède de même. Il ne fait pas tout à fait sa Pénélope car un passage n’efface pas le précédent, mais il y revient sur ce thème du réel et de l’illusion. Il le traque dans la littérature, la BD,  la musique, le cinéma, dans l’art. Il le soumet à d’innombrables filtres, le propose à Nietzsche, à Trackl, à Heidegger, etc. , leur demandant chaque fois de sa voix insistante : Qui suis-je si je ne suis pas mon double ? Pour le lecteur c’est comme grimper le Mont Analogue, c’est comme l’Anapurna, quand on n’a plus de souffle on pose sa tente et on campe jusqu’à ce que ça revienne. Et rien ne peut nous faire prendre conscience de la réalité comme l’escalade d’un sommet.